Effets des sondages

20 juillet 2018, par Jasmine Godbout


À chaque mois il est possible d’entendre parler des sondages d’intentions de vote. Outil scientifique ou moyen d’influencer l’opinion publique? Les avis divergent sur la pertinence des sondages en société.

Origine et principe

Les premiers sondages d’opinion sont effectués au XIXe siècle aux États-Unis à l’échelle locale. En effet, The Aru Pennsylvanian réalise en 1824 le premier sondage connu. C’est un vote factice pour tenter de prédire le résultat de la campagne présidentielle états-unienne. Depuis, les sondages se sont multipliés et les méthodes de prédiction et d’échantillonnage se sont raffinés.

Aujourd’hui, un bon sondage se doit d’être statistiquement représentatif de la population sondée. Il prend en compte la répartition de l’âge, du sexe, du profil socio-économique, etc. Ceci a pour but de simuler le mieux possible une population de plusieurs millions d’habitants à l’aide d’un échantillon ne dépassant souvent pas 1000 personnes.

Qc125

Au Québec, Philippe J. Fournier, créateur du blog Qc125.com, tente de raffiner le pouvoir de prédiction des sondages en combinant différents sondages de différentes maisons tout en les pondérant selon leur ancienneté, puis en créant un modèle statistique pour générer 50 000 simulations et établir le nombre moyen de sièges pour chaque parti dans un intervalle de confiance. Pour les élections générales provinciales en Ontario, le blogueur est parvenu à prédire le nombre de députés du Parti conservateur et du Nouveau Parti Démocratique avec une erreur de 6 sièges et avec une erreur d’un siège pour le Parti Libéral, témoignant de l’efficacité de son modèle. Les tribunes médiatiques invitent d’ailleurs régulièrement le blogueur pour parler de son modèle statistique.

Effet sur le vote?

Depuis le XIXe siècle, on décrit plusieurs effets des sondages sur les électeurs. Tout d’abord, l’effet de mode ou effet bandwagon implique qu’un sondage décrivant un candidat comme avantagé par le vote verra sa position renforcée le jour des élections. L’effet boomerang, quant-à-lui, voit à l’inverse les résultats d’un candidat défavorisé par un sondage augmenter le jour du scrutin. Enfin, le vote tactique peut survenir lorsqu’une partie de la population désire voir battu le candidat de tête. Elle peut voter pour un candidat proche de lui dans les sondages même s’il ne rejoint pas ses positions idéologiques.

Bref, bien que les sondages puissent être réalisés de manière efficace et scientifique, il est possible de se questionner quant à leur utilité réelle en démocratie.