L’impact des manifestations : Ça fonctionne vraiment?

21 juillet 2018, par Élizabeth Dubé


Groupe d’étudiants manifestant dans les rues de Montréal contre la hausse des frais de scolarité par le gouvernement Charest, 2012.

Il y a exactement six ans, la plus grande grève étudiante jamais vue par le Québec se déroulait dans les rues de Montréal. Dans une société de plus en plus engagée, il est important de se demander si les conséquences de nos actions reflètent ce pour quoi nous nous révoltons. L’article suivant met en lumière l’impact réel des manifestations sur notre politique québécoise.

Le printemps érable, c’est-tu l’temps des sucres ça?

Tout d’abord, voici un résumé des événements survenu au printemps 2012 pour ceux qui, comme moi, étaient probablement trop jeunes pour saisir l’ampleur de cette grève. Tout a débuté avec l’annonce d’une hausse des frais de scolarité pour tous les universitaires québécois. Avec une hausse de 2625 $ sur cinq ans, ce serait un euphémisme que de dire que le gouvernement Charest ne s’est pas fait d’amis. Les cloches de la révolte ont résonné haut et fort dans l’ensemble des universités québécoises. Une véritable guerre symbolique venait de faire son entrée dans notre belle province.

Prenant d’assauts les rues, les nombreux groupes militants ne se sont pas fait prier pour scander leur mécontentement. Il ne s’agissait certainement pas de la première grève d’ampleur qui envahissait notre patrie.  Rappelons-nous seulement la grève menée par le front commun intersyndical de 1972! Alors, comment expliquer l’engouement envahissant de cet événement, ayant divisé une fois de plus la population québécoise. Il va sans dire que dans une société de plus en plus numérisée, les médias ont joué un rôle plus que capital! N’affichant plus le OUI ou le NON, les différents journaux ont plutôt choisi leur camp à travers des photos de policiers agressifs ou d’étudiants en vacances dans le sud.

Quoi qu’il en soit, le droit à la grève est une liberté acquise depuis bien des années au Québec. Par contre, une question plus que pertinente demeure : si la population québécoise est en droit de faire la grève, jusqu’à quel point atteint-elle l’impact recherché auprès de notre cher gouvernement?

Au final, ça change quoi une grève?

Pour nous aider à y voir plus clair, voici quelques impacts gouvernementaux à la suite de la crise étudiante de 2012 :

  • À la suite des élections de 2012, le gouvernement libéral a été remplacé par le parti québécois, présidé par Pauline Marois. Elle-même fière militante de la grève étudiante et habile marteleuse de casserole, elle s’est empressée d’annuler l’augmentation des frais de scolarité instaurée par l’ancien gouvernement en place.
  • Au printemps 2013, le gouvernement Marois a créé la commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012.
  • Moins de deux ans après l’entrée au pouvoir du Parti Québécois, les rênes du gouvernement provincial sont remises entre les mains du Parti libéral. Celui-ci ridiculise les résultats de la commission spéciale. Il n’y aura donc aucune suite après la sortie du rapport.
  • La grève aurait permis aux étudiants universitaires québécois d’économiser pas moins de 1500 $ par année! (Ce qui équivaut à 300 cafés Starbucks ou 500 Mcdoubles, quand même!)
  • De nombreux acteurs politiques importants se sont retirés de la course à la chefferie en réponse au printemps érable, dont : le premier ministre Jean Charest, le ministre des Finances Raymond Bachand, la ministre de l’Éducation Line Beauchamp et le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil.

Pis allez donc voter!

À la lumière de ces informations, je crois qu’on peut dire en toute humilité qu’une grève, ça fait bouger plus que juste le monde qui marche dans la rue. Selon moi, les militants ont leur place dans la rue au même titre que les politiciens dans leurs bureaux. Mais avant de se rendre là, allez donc voter ma gang de vous autre! S’intéresser pis s’impliquer dans sa politique, c’est aussi prévenir des manifestations qui tournent rapidement à la violence et des abus de pouvoir. Donc oui, une grève, ça porte fruit, mais donner son opinion sur un petit bout de papier dans un vieux gymnase rempli de monde aussi, croyez-moi!