S’impliquer en politique; un regard derrière le rideau

20 juillet 2018, par Cédric Duchaineau


L’équipe de Guillaume Rousseau, candidat du Parti Québécois à Sherbrooke.

À quoi bon s’impliquer ? Question d’allure pessimiste, peut-être, mais c’est tout de même la question que j’ai posée à mon bon ami, Zoïc Jolin-Couture, 20 ans. Il travaille actuellement pour Guillaume Rousseau, candidat du Parti Québécois de la circonscription de Sherbrooke, et il a accepté de partager son expérience avec moi.

Pourquoi s’impliquer dans l’équipe de M. Rousseau?

« C’est sûr que j’étais déjà intéressé par la politique, je ne pourrai pas te mentir là-dessus, mais j’aurais pu facilement avoir un stage plus payant au gouvernement. J’ai choisi M. Rousseau parce que je crois en ce qu’il fait, et j’aime beaucoup plus la politique locale. »

Les tâches de Zoïc sont diverses : il entre en contact avec les diverses communautés de Sherbrooke afin de comprendre ce qui les préoccupe et, plus récemment, il effectue aussi des analyses sociodémographiques en vue d’une campagne de porte-à-porte :

« [le porte-à-porte] c’est plus personnel, et c’est sur ça qu’on mise avant la période électorale. On veut rencontrer les gens, et savoir ce qui les tracasse en face à face. On organise des barbecues pour se rapprocher des communautés, et on ne vise pas nécessairement les péquistes convaincus. Nous voulons voir un peu tout le monde. »

Il ajoute : « […] ce que j’aime beaucoup, c’est de découvrir les rouages de notre système, de voir comment ça se déroule derrière les rideaux. »

Comment as-tu approché ce candidat ?

« Je l’ai contacté directement et je lui ai offert mon aide. […] Quelques appels plus tard, j’avais une place dans son équipe. » Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que [la politique] n’est pas quelque chose d’inatteignable et de réservé à l’élite. S’impliquer, ça commence surtout par la motivation.

Zoïc Jolin-Couture

Est-ce que tu crois que les gens assument hâtivement que les jeunes ne sont pas intéressés et qu’ils ne veulent pas participer en politique ?

« Je suis d’accord avec ça. Les gens présument que les jeunes ont d’autres préoccupations, qu’ils ne comprennent rien à tout ça. Je me suis même fait dire que je n’étais pas assez vieux pour comprendre vraiment. […] C’est frustrant.

En réalité, les jeunes veulent s’impliquer et se faire entendre. Regarde le mouvement pour la gratuité scolaire en 2012. Les jeunes se sont organisés, et ont demandé du changement à propos de quelque chose qui leur tenait à cœur. Les jeunes ont levé le ton et ça a fait une différence.

Même pas besoin de regarder aussi loin que cela. Plus de la moitié de ceux avec qui je travaille sont dans la vingtaine, et s’impliquent en politique parce que ça leur tient à cœur. Ils ont notre âge. Ceux qui s’impliquent font une différence. Le problème c’est qu’à force de se faire dire par des têtes grises qu’on « ne comprend pas », que « ce n’est pas comme ça que ça fonctionne », il y en a qui finissent par les croire et qui arrêtent d’essayer. C’est normal de devenir cynique de la politique quand on se fait marteler ce message-là tout le temps. »

Pour terminer, qu’est-ce que tu recommandes aux jeunes qui voudraient s’impliquer davantage ?

« Le monde a l’impression que pour s’impliquer en politique, il faut rejoindre un parti, et que ça se passe seulement aux quatre ans. Ce n’est pas vrai. S’impliquer en politique, c’est aussi de participer dans les associations étudiantes et d’aller aider dans des groupes communautaires. S’impliquer c’est de vouloir régler les problèmes des gens, […] et il y aura toujours de la place pour plus d’implication. »

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